Pourquoi mon collégien n’a plus de cours (dignes de ce nom) ?

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Beaucoup de parents cherchent à comprendre pourquoi la réforme du collège, qui allège encore fortement les contenus transmis, a été voulue.

D’autres se demandent tout simplement pourquoi leur collégien n’a pas de cours, pas de leçons à apprendre mais surtout des recherches à faire sur Google (Wikipedia en fait !) pour son prochain exposé.

Une partie de la réponse se trouve sûrement dans les explications données par Madame Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), ancienne rectrice de l’Académie de Créteil, normalienne et agrégée de sciences physiques, ancienne inspectrice générale de l’Éducation Nationale.

(Note ajoutée après la rédaction de cet article : Madame Florence Robine a été nommée rectrice de la région académique Grand Est, rectrice de l’académie de Nancy-Metz en juillet 2017. Depuis août 2017, le nouveau DGESCO est Monsieur Jean-Marc Huart.)

Elle est en charge de la conception et de la mise en œuvre des réformes des programmes et de la pédagogie du CP à la 3ème (septembre 2016).

Si vous avez des enfants scolarisés, vous DEVEZ écouter les extraits ci-dessous ; depuis 2014, c’est Madame Robine qui a la haute main sur ce que vos enfants apprennent (ou pas) à l’école. A vous de juger !

Madame Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) – Conférence d’information sur la reforme du collège donnée en septembre 2015 dans l’académie de Caen devant des chefs d’établissements et des professeurs de collège

Le cœur du sujet : la diversification obligatoire de l’enseignement
=> le rôle du professeur change radicalement avec la réforme

30 min 58 sec. à 32 min. 25 sec.

Travail en groupes, activités variées, travail en îlot

Verbatim : « Du travail en îlots, être capable de mettre des élèves en autonomie qui travaillent sans le prof.»

Verbatim : « On n’a pas forcément besoin d’un enseignant pour apprendre, à condition qu’on l’ait de façon suffisante quand on en a besoin. »

Verbatim : « Les élèves, dans certains cas, apprennent mieux en se parlant les uns les autres qu’en écoutant le professeur. »

Verbatim : « On peut accepter un «bourdonnement de travail» dans un côté (de la classe) »

Décryptage : Le professeur n’est plus un maître qui enseigne à ses élèves, mais un accompagnateur de l’élève dans la construction de ses savoirs.

Le cours magistral devient marginal.

Les élèves sont invités à s’apprendre entre eux (entre pairs) des notions du programme : certes, l’efficacité des échanges entre élèves est reconnue, mais quand il s’agit de classes multi-niveaux avec des écarts d’âge et de niveaux entre les élèves.

30 collégiens de 4e, de même âge et de même niveau, n’apprendront pas mieux sans l’apport expert du professeur. Combien de temps mettront-ils à réinventer Pythagore ? Et combien d’élèves y arriveront réellement ? Combien se sentiront en échec s’ils n’y arrivent pas (ce qui arrive fréquemment) ?

« Ne lisez pas trop les journaux »

De 35 min 28 sec. à 35 min 58 sec.

Verbatim : « Ne lisez pas trop les journaux. Faites comme moi, ne lisez plus rien, vous vivrez beaucoup mieux, vous dormirez mieux la nuit, et puis vous éviterez de lire des tas de bêtises incohérentes. »

Décryptage : La liberté de la presse dérangerait-elle à ce point ?

La DGESCO compte sur les jeunes professeurs qui n’auront connu que cette nouvelle pédagogie pour faire évoluer « les anciens »

De 34 min 34 sec. à 35 min 27 sec.

Décryptage : Place aux jeunes profs, formés à la nouveauté pédagogique ! Les anciens étaient-ils donc si déformés et incapables ?

Ferme croyance dans « l’éducabilité des professeurs » (récalcitrants)…

de 33 min 30 sec. à 34 min 24 sec.

Verbatim : « J’ai une conviction absolue dans l’éducabilité de nos enseignants. »

Les enseignants finiront bien par accepter la logique d’enseignement par projets.

Décryptage : Un échange tout en souplesse.

Sur le nouveau Diplôme National du Brevet

De 44 min 5 sec. à 47 min 05 sec.

Pourquoi faire simple quand on peut faire archi-compliqué ? Comprenne qui pourra.

Décryptage : A écouter. Passage difficile à résumer… Monsieur le recteur (à droite), aux ordres, a l’air d’apprécier… Ce nouveau Diplôme National du Brevet, si brillamment conçu, ne devrait pas survivre longtemps sous cette forme.

Pourquoi adopter une logique de cycle triennal ? (et la fin du redoublement)

De 8 min 21 sec. à 9 min 12 sec.

Raisonnement : Les élèves ont des niveaux très différents => il faut leur laisser le temps d’apprendre => un programme annuel de connaissances à assimiler est trop rigide => il faut fonctionner par cycles de 3 années (cycle 1 : CP-CE1-CE2 ; cycle 2 : CM1-CM2-6; cycle 3 : 5e-4e-3e), les élèves passent dans la classe supérieure de façon quasi-automatique et une évaluation globale du niveau de l’élève est faite en fin de cycle (fin de CE2 ; fin de 6; fin de 3e)

Décryptage : La faiblesse de certains élèves justifie la logique de cycle triennal ; cette logique de cycle supprime de fait l’exigence annuelle d’un niveau à atteindre.

Pourquoi réformer 9 classes en même temps ? (du CP à la 3e)

13 min 27 sec. à 15 min 28 sec.

Parce qu’il s’agit de changer fondamentalement la pédagogie du CP à la 3e et la façon d’enseigner pour tous les élèves.

Décryptage : Réformer 9 classes en même temps est la garantie que la mise en place des réformes sur ces 9 classes sera finalisée avant un éventuel changement de gouvernement et de majorité parlementaire.

Un changement radical et très rapide de la façon d’enseigner. « Mais n’avons plus tellement le temps de tergiverser autour de tout cela » (sic)

Sur l’esprit de la réforme du collège

17 min 50 sec. à 18 min 36 sec.

Décryptage : Le « cœur » de la réforme du collège est le décret qui instaure la « fin du redoublement » et l’accompagnement pédagogique des élèves dans une logique de cycle.

Sur la formation des professeurs pour préparer la réforme

22 min 25 sec. à 23 min. 10 sec.

2 jours de formation sur les nouveaux programmes de la discipline enseignée par le professeur et 3 jours sur les axes de la réforme du collège.

Décryptage : A écouter. Passage difficile à résumer…

Sur le mépris profond pour le latin

De 1h 6 min 36 sec. à la fin

Décryptage : Comment compliquer l’enseignement du latin « en lui donnant une nouvelle dimension »… jusqu’à le faire disparaître de beaucoup d’établissements.

2 pensées sur “Pourquoi mon collégien n’a plus de cours (dignes de ce nom) ?”

  1. Merci pour ce billet très instructif… Cela me donnerait envie de rapatrier toute ma tribu à la maison et de leur permettre d’avoir un enseignement de qualité plutôt que de perdre leur temps avec des enseignements-transversaux-en-démarche-de-projets-collégiaux-collectifs-en-intercycles.
    Simplement apprendre les maths, le français, les langues, l’histoire, la géographie, et même le latin ! Oui madame !
    2 de mes garçons en 6ème et 3ème font de l’accompagnement personnalisé (AP) « sport » : en gros, une heure de sport en plus par semaine, qui n’a absolument rien de personnalisé, puisque ce qui ressort chez le plus jeune, c’est qu’il n’est pas assez sportif et donc pas doué en sport. Ça lui fait une belle jambe pour son avenir !
    Heureusement que vous êtes là : merci les cours Griffon !!

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