Et si apprendre à lire était d’abord une affaire scientifique ? Et si la science pouvait déterminer avec exactitude quelle est la meilleure méthode pour apprendre à lire ? Et si c’était déjà le cas ? Voilà qui devrait mettre tout le monde (de bonne foi) d’accord.
Apprendre à lire, quoi de neuf docteur ?
Les progrès de la science sur la connaissance du cerveau sont très rapides depuis une vingtaine d’années. La communauté scientifique s’accorde pour dire que l’on a plus appris ces dix dernières années que dans toute l’histoire de l’humanité grâce à l’arrivée de différentes technologies, la principale étant l’IRMf (l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnel).
L’IRMf permet de cartographier le cerveau et de visualiser les neurones qui sont activés lors de la réalisation d’une tâche.
Conséquences sur l’enseignement
Les conséquences de ces découvertes sur le monde de l’éducation pourraient être très nombreuses. En effet, nous pouvons maintenant savoir de mieux en mieux ce qui se passe dans le cerveau d’un élève qui apprend.
La plus frappante de ces découvertes est probablement la façon dont un élève apprend à lire. Les scientifiques, et en premier lieu les équipes de Stanislas Dehaene (titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale et directeur de l’unité mixte INSERM-CEA de Neuroimagerie Cognitive à Saclay – 78), ont montré comment il est nécessaire pour un enfant de décoder lettre par lettre pour pouvoir accéder au sens de ce qu’il lit.
C’est la preuve scientifique que les méthodes dites « alphabétiques » (encore appelées par abus de langage syllabiques) sont les seules qui respectent le fonctionnement naturel du cerveau des élèves.
Voici un reportage diffusé par France 2 (15 septembre 2014) qui présente ces découvertes :
Pour aller plus loin, vous pouvez lire l’ouvrage de Stanislas Dehaene :
Les neurones de la lecture – éditions Odile Jacob
Et pour avoir un aperçu plus pointu de l’étendue de ses recherches, vous pouvez consultez la présentation de ses travaux faite le 18 septembre 2013 à l’École Normale Supérieure (Paris) :
Les neurones de la lecture par Stanislas Dehaene par francecultureplus
Bonjour Xavier
Je te recommande aussi les deux excellents ouvrages de Pascale Toscani, plutôt à l’usage des enseignants :
– Apprendre avec les neurosciences, rien ne se joue avant 6 ans
– Les neurosciences au coeur de la classe
Bien amicalement
Anne lorraine de Larboust
C’est peut-être idiot mais : je me suis mise au piano à 49 ans (ça compte car je dois peiner autant qu’un enfant qui a tout à apprendre pour lire) et me suis fait la réflexion que… Pas moyen de lire une phrase musicale sans connaitre par cœur chaque note… Sinon tout se brouille, le morceau est faux. Forcément j’ai fait le parallèle avec l’apprentissage de la lecture.
Vous imaginez
l’apprentissage du piano en « méthode globale » ?
Peut-être que cette expérience (mon Dieu quel grand mot) peut servir à convaincre des incrédules.
Bravo pour ce blog.
Belle journée !
Anne G
La pédagogie Jean Qui Rit donne un excellent résultat depuis plus de 50 ans, dans tous les milieux, en France et dans des pays francophone, par exemple à Kinshasa,dans des classes de 50 ou 60 élèves! Une méthode basée sur les 33 sons du français appris grâce au geste, à une histoire simple,avec le rythme et le chant pour structurer l’enfant, et surtout une progression méthodique:l’enfant ne lit que des sons déjà enseignés. On se forme en quelques jours, (voir leur blog jeanquirit.wordpress.com) et c’est tellement gratifiant pour l’enfant et la maman,ou l’enseignant!